Chambre d’hôtes : les questions à se poser avant de changer la literie

Chambre d'hôtes : les questions à se poser avant de changer la literie

Lundi, un couple de randonneurs qui a marché trente kilomètres. Mercredi, un commercial seul, couché tard et parti à l’aube. Vendredi, deux amies qui préféreraient des lits séparés. Samedi, des grands-parents venus pour un mariage, dont l’un dort mal partout sauf chez lui. Dans une chambre d’hôtes, le même lit accueille en une semaine des dormeurs qui n’ont rien en commun, et il doit convenir à tous.

Avec cinq chambres au plus, puisque c’est la limite fixée pour une activité de chambres d’hôtes, chaque lit pèse lourd dans le souvenir que gardent les visiteurs. Le renouvellement de la literie se décide donc rarement sur un coup de cœur en magasin.

Qui dort vraiment dans vos chambres ?

Avant de regarder un seul matelas, relisez vos réservations de la dernière saison : la proportion de couples, de voyageurs seuls et de familles, l’âge de vos hôtes, la part de ceux qui restent une nuit et de ceux qui restent une semaine. Une maison posée sur un chemin de grande randonnée ne reçoit pas le même public qu’une demeure louée pour des mariages, et la literie doit suivre.

Ce petit bilan oriente tout le reste. Une clientèle âgée appréciera un lit un peu plus haut, dont on se relève facilement. Des marcheurs fatigués chercheront un couchage qui ne s’affaisse pas au milieu. Des familles demanderont surtout de la souplesse dans l’aménagement.

Un grand lit ou deux lits que l’on peut rapprocher ?

C’est la question qui structure toutes les autres. Un lit de 160 × 200 cm plaît aux couples, mais il enferme la chambre dans une seule configuration. Deux lits de 80 × 200 cm jumelables accueillent indifféremment un couple, deux amis ou deux collègues, au prix d’une jonction au milieu qu’il faut traiter. Un surmatelas d’une seule pièce posé sur les deux couchages la fait presque oublier.

Pour la longueur, ne descendez pas sous 200 cm. Le 190 cm, ancien standard encore courant dans les maisons de famille, laisse dépasser les pieds des hôtes les plus grands, et ce sont justement ceux qui s’en souviennent.

Vérifiez aussi la place autour du lit. Il faut pouvoir en faire le tour sans se cogner aux meubles, pour les hôtes comme pour vous : c’est vous qui le referez chaque matin, et un lit coincé contre un mur se refait mal.

Quelle fermeté choisir pour des inconnus ?

Impossible de satisfaire chacun ; on peut en revanche éviter de déplaire à presque tous. Les extrêmes sont à proscrire : un matelas très ferme mécontente les personnes légères qui dorment sur le côté, un matelas très souple les dormeurs corpulents. Une fermeté intermédiaire, avec un soutien qui varie selon les zones du corps, reste le compromis le plus sûr.

Les accessoires feront le reste. Deux types d’oreillers dans chaque armoire, l’un ferme, l’autre moelleux, et un surmatelas rangé au placard pour ceux qui trouvent le lit trop dur. Les hôtes qui ont une préférence marquée l’expriment rarement ; ceux qui trouvent de quoi s’ajuster seuls n’ont pas à le faire.

Le matelas tiendra-t-il le rythme ?

Un matelas de chambre d’hôtes ne mène pas la vie d’un matelas familial : des corps différents chaque semaine, des valises posées dessus, des enfants qui le prennent pour un trampoline. Sa tenue dans le temps se lit dans la composition plus que dans l’épaisseur. Pour une mousse, la densité annoncée renseigne mieux que le nombre de centimètres, et une base en mousse haute résilience est un bon signe.

Pensez aussi à l’usure régulière : si le fabricant le permet, faites pivoter le matelas tête-pied à chaque changement de saison. Et notez dans un carnet la date d’achat de chaque literie. Des années plus tard, c’est ce carnet qui vous dira laquelle remplacer en premier.

Comment garder chaque lit impeccable entre deux séjours ?

La propreté du lit fait partie des premières choses que les hôtes regardent, souvent sans le dire. La base, c’est un protège-matelas sur chaque lit, lavé à chaque départ comme les draps et les taies. Choisissez-le imperméable mais respirant : un modèle entièrement plastifié protège bien, mais il tient chaud et crisse au moindre mouvement. Pour le reste :

  • ouvrez la fenêtre et laissez le matelas découvert un moment avant de refaire le lit ;
  • gardez un jeu de linge complet d’avance par chambre, pour ne jamais refaire un lit avec un protège-matelas encore humide ;
  • passez l’aspirateur sur le matelas lors du grand ménage de fin de saison.

La housse du matelas lui-même compte aussi. Une housse déhoussable permet un lavage complet de temps en temps, ce qu’une housse cousue n’autorise pas. Sur literie-westelynck.fr, la page consacrée au matelas à mémoire de forme indique par exemple une housse en Tencel déhoussable, lavable à 40 °C sur certains modèles, ainsi que des matériaux certifiés OEKO-TEX. C’est ce genre de précision qu’il faut trouver par écrit avant de commander, plutôt que de la découvrir à la livraison.

Faut-il tout changer d’un coup ?

Rarement. Renouveler toutes les chambres la même année pèse sur la trésorerie et, surtout, fait vieillir toute la literie au même rythme : le jour venu, tout sera à refaire en bloc. Mieux vaut un roulement, une ou deux chambres par hiver, en commençant par celle qui suscite le plus de remarques dans le livre d’or ou au petit déjeuner.

Et avant de décider quoi que ce soit, dormez vous-même une nuit dans chacune de vos chambres, hors saison, avec le linge et les oreillers des hôtes. Le sommier qui grince, le creux côté fenêtre, l’oreiller trop haut : ce que vous découvrirez en une nuit, vos clients le vivent peut-être depuis des mois sans vous l’avoir écrit.